Berlin électrique

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Si Paris est une fête, Berlin est un chantier de l’alternatif, une éternelle construction, parfois complètement barré.

Beaucoup se rendent à Berlin pour profiter de la vie plutôt que de la ville. Hormis les grands musées tel que le Boden Museum, la cathédrale de Berlin on y vient surtout pour ses clubs, pour ses déviances. 

Clichés sur la Grande Ville

On aime penser que l’allemand est organisé, respectueux de la rue. Ces clichés tombent au moment où un grand blondinet jette nonchalamment son mégot en traversant au feu rouge. Andreas est berlinois. Il vient d’ailleurs en réalité, d’un bourg aux alentours de Düsseldorf. Il a longtemps travaillé dans une start-up avant de devenir freelancers. Il bosse dans des espaces de co-working dans Kreuzberg. Il voudrait monter sa boite, enfin monter sa boite veut dire lancer son site internet. Andreas roule une autre clope en racontant qu’il ne supporte pas la minimal mais qu’on trouve encore de la bonne musique dans la capitale. Il ne veut pas de relation, on ne vient pas à Berlin pour se lier. L’océan regorge de poisson, il suffit de pêcher.

Il croise un groupe de filles, cheveux longs avec la raie au milieu, le rouge à lèvres posé en épaisseur sur les lèvres. Elles portent les fameuses lunettes rondes du film Léon, leur ventre est libre. Elles ne sourient pas, ça fait plus nineties. Elles sont dans le désign, étudiantes encore. Mais elles trouvent la pancarte d’heroinkids collée sur les façades du restaurant grecque ou döner laden plutôt chics. Elles prônent le style androgyne, la nécessité de repenser les genres et cette nudité qu’elles traversent sous le pont de Warschauer. Elles passent devant un groupe de punks, cheveux colorés en multicolores. On dit rainbow pour ce genre de cheveux. Il y a des bières partout autour d’eux, leurs friches s’étalent et réduisent le passage des piétons. Ca sent l’alcool et la pisse, surtout en plein été. Ils insultent parfois au hasard d’un regard « un connard de capitaliste ». Et puis ils remontent le son de leurs enceintes. « on est pas bien là ! Et t’aurais pas une petite pièce. Et un mouchoir. » Ce n’est pas une question. C’est un péage. On les dépasse. Lentement ils sont mêmes actifs dès huit heures. Plus loin ce sont soudain d’autres odeurs, plus vertes. Les dealers sont accolés derrière un pilier de métal. Ils ont la peau sombre, ils viennent des îles. Ils se réchauffent le coeur en regardant les passantes se tortiller le cul. Ils te demandent si « tu vas bien ». Ils ne font pas ca par bonté d’âme pour savoir comment tu te sens après ta journée de taf de 9h. Il faut traduire « ca va ? » par « t’es intéressé ? Weed, coke ? ». Par contre s’ils te disent que t’es mignonne, c’est que tu leur plais sans arrières-pensées. Savoure ce moment, tu ne seras pas draguée souvent en Allemagne.

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