Artemisia

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Acteurs : Valentina Cervi (Artemisia), Michel Serrault (le père), Miki Manojlovic (Agostino Tassi), Emmanuel Devos

Date : 1997

Réalisateur : Agnès Merlet

Film érotico-intellectuel

Tourné en 1997, Artemisia fait définitivement parti de ces films à l’eau de rose, avec du nu et cette qualité propre aux années 90, ce qui en fait l’un des films à regarder absolument.

Rome 1610. Artemisia est la fille d’un grand peintre italien Orazio Gentileschi (Michel Serrault). Et elle a 17 ans, beaucoup de talent et une obsession pour la nudité.

Le film commence dans un couvent de filles (pour le côté érotique, il fallait bien passer par la religion). On observe Artemisia se dévêtir et s’observer. Qui observe qui ? Pourquoi un sentiment léger de perversité sexuelle m’envahit ? Parce qu’Artemisia joue tout le long du film avec cet accent italien ultra sexy, qu’elle ose peindre la chair dans toute sa volupté, qu’elle parle de ce sexe avec envie et beauté. Ce sont aussi les thèmes religieux qui intensifient l’érotisme du film.

Il y a aussi des scènes de sexe comme on n’en tourne plus maintenant, des petites fesses à l’air, un homme qui baise une femme entre les rochers, des hommes très dessappés, voire même des orgies.

Artemisia Gentileschi veut peindre, comme son père qui reconnait en elle un certain talent. Il va donc l’instruire en la prenant dans son atelier où hélas, en qualité de fille, elle devra se cacher.

Résumé

L’héroine a l’art dans le sang (vous avez saisi la blague ?), elle veut qu’on sache qu’elle sera peintre. Elle veut peindre des hommes nus (dans une Italie au combien catholique alors on se demande si elle veut vraiment s’attirer autant de problèmes, « reste à ta place pucelle »). Bien sûr, elle se fait gifler pour avoir dit ca qu’elle voulait peindre des bites et des bras ; on tentera vainement de l’enfermer. Jusqu’à cette scène où elle demande à son amour d’enfance (dont elle n’a rien à foutre) de se déshabiller… et il pense qu’il va se la faire, en avant, en arrière, mais non. Elle se met à le peindre nu, ce qui le met plutôt mal à l’aise. Ca nous rappelle cette réplique de The Danish girl, où une femme connait ce sentiment d’être observée, et donc empruntée, mais qu’un homme n’en a pas l’expérience.

Elle va malgré tout avoir beaucoup de mal à trouver un autre enseignement que celui de son père, être née fille à l’époque devait être quand même galère. Mais elle y parvient parce qu’Artemisia est par nature un peu arrogante et un peu autiste (dans le bon sens du terme), donc elle n’est pas du genre à avoir peur de se faire violer, ni même à être recalée.

technique pour peindre un paysage en découpant le tableauElle y parvient en persuadant un autre grand peintre de la renaissance, Agostino Tassi. Plus âgé qu’elle, plus moderne que son père, il lui apprendre à mieux découper ses peintures, à trouver ses techniques pour peindre la peau et la finesse des membres. Il va même devenir son modèle (mais lui aussi se sent moyen moyen de jouer la muse à moitié à poils). Il va surtout lui apporter le sujet de son art : les femmes éprises de vengeance à l’image de Judith.

Ce qui devait arriver arriva. Et là où tout chavire, c’est lorsqu’Orazio commence à la tripoter et qu’elle n’est pas très partante. Le film n’est pas clair sur ce point, si c’est un viol à moitié consenti, si Artemisia voulait protéger sa virginité mais qu’elle ne se laisse convaincre… S’en suit un procès dont il nous reste des traces.

On parle souvent trop devant une toile

Mon avis

Bien que ce film soit assez vieux (1997) il reste le témoin de deux époques, les années 90 dans la qualité ocre, un peu jaunie et aux scènes authentiques (sans violence), ce qui en fait quelque chose de très très érotique.

L’autre époque c’est celle de la Renaissance où les femmes devaient être vraiment obstinées et obsédées par leur passion pour avoir le droit de la vivre. Et Artemisia est touchante pour cela. Elle n’est pas que dans la rébellion, elle est dans l’admiration de l’art. Ce sont parfois les dialogues qui expriment cette grâce qui a touché Artemisia : elle est intelligente, têtue et très féminine.

L’accent de Valentina m’a, quant à lui, suivi pendant des jours, un accent italien presque brisé, cassé, qui rend les syllabes si dures. D’ailleurs c’est un peu bizarre que le père (Orazio) ait un accent francais si pure et que la fille ait un accent italien si décalé.

Artemisia, une peintre dans la veine de Caravage avec plus de rage

Elle est l’une des premières femmes peintres, baroques, son oeuvre est intéressante pour la violence des sujets, comme Judith décapitant Holopherne


Les peintures d’Artémisia sont brutales, et douces, avec quelque chose de très vivant. C’est sans doute ce qu’on appelle le point de vue féminin, la vivacité des traits, des gestes, de la peau et de la violence.

Pour voir le film, vous pouvez le visionner sur Youtube ici

 

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